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Chirurgie oncologique : Plus de moyens et des pratiques modernisées

La professeure Olfa Jaïdène, spécialiste en chirurgie oncologique et membre de l’Association tunisienne de chirurgie oncologique, a appelé à renforcer les ressources humaines et logistiques consacrées à cette spécialité et à améliorer la répartition géographique des médecins spécialistes, afin de rapprocher les services de santé des patients atteints de cancer.

Dans une déclaration à Mosaïque FM, en marge du sixième congrès de l’Association tunisienne de chirurgie oncologique, elle a souligné que cette spécialité connaissait des avancées techniques continues, notamment en matière de chirurgie robotique et de techniques chirurgicales mini-invasives.

Elle a,  également, évoqué le recours à des outils de repérage avancés, permettant aux chirurgiens de localiser précisément les lésions et de retirer uniquement les tissus nécessaires, limitant ainsi les interventions chirurgicales inutiles.

Les dernières innovations au cœur du congrès

Organisé sur deux jours, le congrès porte sur les innovations les plus récentes dans le traitement des cancers, notamment du sein, gynécologiques et digestifs.

Des experts et des universitaires tunisiens et étrangers, disposant notamment d’une expérience dans les essais cliniques, y présentent leurs travaux. L’objectif est de tirer profit des expériences internationales et d’étudier les moyens d’intégrer ces nouvelles pratiques en Tunisie.

Dans ce cadre, un professeur canadien a été invité à présenter une technique utilisant une caméra infrarouge. Cette technologie commence à être introduite en Tunisie et devrait être prochainement adoptée à l’Institut Salah-Azaïz, ce qui permettrait de faire évoluer les pratiques chirurgicales et de suivre les avancées scientifiques dans le traitement des cancers.

Manque de spécialistes et disparités régionales

Olfa Jaïdène a toutefois souligné que la chirurgie oncologique demeure une spécialité peu répandue en Tunisie. Un nombre important de spécialistes exerce dans la capitale, tandis que plusieurs régions ne disposent pas d'effectifs suffisants.

Et de citer, à titre d’exemple, elle a cité le gouvernorat de Kasserine, où l’hôpital ne compte qu’une seule spécialiste universitaire, ainsi que celui de Nabeul, qui ne dispose, lui aussi, que d’une seule spécialiste hospitalière. À Sfax, deux spécialistes exercent à l’hôpital et un troisième dans le secteur privé.

La majorité des spécialistes reste concentrés dans la capitale, notamment à l’Institut Salah-Azaïz.

Pour la professeure, le problème ne réside pas uniquement dans le nombre de chirurgiens, mais aussi dans la répartition inégale des ressources humaines sur le territoire. Elle a ainsi plaidé pour le renforcement des équipes médicales et paramédicales, la mise à disposition des équipements nécessaires et la création de services et de centres spécialisés supplémentaires pour la prise en charge des patients atteints de cancer.

Renforcer les structures de prise en charge

La spécialiste a insisté sur la nécessité de développer les infrastructures sanitaires dédiées à l’oncologie. L’Institut Salah-Azaïz demeure le principal établissement spécialisé dans ce domaine, alors que les régions ont besoin de structures supplémentaires pour assurer une meilleure prise en charge des patients et faciliter leur accès aux soins.

Elle a enfin souligné que l'amélioration de la répartition des spécialistes et le renforcement des moyens humains et matériels contribueraient à améliorer la qualité des soins, à faciliter l’accès aux traitements modernes et à accompagner les avancées scientifiques en chirurgie oncologique.